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L'eau de neige:ne vous laissez pas entraîner par le courant des légendes!



« L’eau de neige ne vaut rien » ; « L’eau de neige cloue le bec des truites » ; « L’eau de neige paralyse la rivière »…



Comment peut-on faire une généralité alors que plusieurs cas de figure peuvent se présenter ?

.....Surtout dans les cours d’eau de montagne ou du piémont, l’eau de neige est assez souvent au menu des pêcheurs de truites. Elle peut couler de l’ouverture jusqu’au cœur de l’été selon le temps, l’importance de la neige accumulée durant l’hiver et l’altitude des sources.
L’eau de neige a souvent bon dos pour expliquer les bredouilles !
.....Discontinue ou continue, elle peut jouer un rôle important dans les résultats des parties de pêche. Elle représente souvent un mythe ayant un impact psychologique négatif et de taille sur beaucoup de pêcheurs. Cependant, certains traqueurs de truites et pêcheurs locaux l’attendent avec joie lorsqu’elle gonfle démesurément les cours d’eau.
.....Je vous propose de ne pas vous laisser emporter par le courant des légendes, d’être confiant, de partir au bord de la bonne rivière, et d’être au bon endroit au bon moment. Malgré l’eau de neige, dans pas mal de cas, vous connaîtrez des instants magiques avec les truites sauvages.

Il y a en gros 3 catégories d’eau de neige.

Dans un but de simplification je parlerai des 3 principaux cas de figure d’eau de neige.

- L’eau de neige qui coule depuis plusieurs jours :

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La température de l’air s’est radoucie depuis un certain temps, le printemps semble s’installer amenant de belles journées.
En altitude, la neige s’est ramollie et fond. Ruisseaux et rivières, sans forcément atteindre leur lit majeur, ont grandi et prennent une teinte allant du vert bouteille à celle du chocolat en passant par différents gris ou jaunes.
Ne redoutez pas cette eau de neige, la truite au bout de quelques jours s’habitue à une nouvelle température et qualité d’eau. Elle s’habitue également à son nouvel habitat et son nouveau poste de chasse.
.....Cependant,elle choisira souvent pour se mettre en activité les moments où l’eau de la nuit s’écoulera. Les nuits sont généralement plus fraîches que les journées.
.....Donc,la neige ne fondra pas la nuit ou en tous cas bien moins que pendant la journée, sauf en cas de vent d’autan en montagne. Cette eau de la nuit fait baisser plus ou moins sensiblement le niveau des cours d’eau. Il faut parfois être très observateur pour s’en apercevoir.
..Il vous appartient donc de choisir le parcours en fonction de son éloignement avec les sommets enneigés et l’heure à laquelle vous commencez à pêcher.
..L’eau des rivières des piémonts doit faire environ 6 km/h. Personnellement,j’aime arriver au bord de l’eau, dans ces cas là, fin de matinée. Je choisis un parcours situé à une trentaine de km de la neige la plus basse, en tenant compte que les cours d’eau ne coulent pas en ligne droite. Rassurez vous, je ne prends pas la machine à calculer ! Simplement, de minuit à midi il y a 12 h, l’eau a parcouru 60 km. Je suis bien dans l’eau de la nuit, celle qui contient moins d’eau de neige. Si la nuit a été bien froide et que la neige soit en altitude, vous avez plusieurs heures d’eau favorable. En général, la température de l’air la plus chaude (ou la moins froide) coïncidera avec vos deux premières heures de pêche…Si vous arrivez fin de matinée, s’entend !
.....La neige commence à fondre, en haut, à peine à ce moment. Elle ne sera pas à vos pieds avant la fin de l’après midi…
.....Lors de journées belles et relativement chaudes, vous obtiendrez généralement de bons résultats en milieu de journée, car l’échange thermique eau et air se fera en faveur de l’eau. Cette dernière pourra parfois prendre un ou plusieurs degrés surtout près des bordures peu profondes et assez calmes.
.....Encore une fois, tout est une question de bon sens et de logique.
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.. - L’eau de neige qui arrive brusquement :
.....Une grosse chaleur, un grand vent d’autan, une pluie forte et tempérée peuvent provoquer des crues, surtout si la neige est basse. La neige qui fond brusquement peut faire gonfler démesurément les cours d’eau. Là aussi, l’échange thermique eau et air se fera en faveur de l’eau..Il n’y a pas grand monde qui soit optimiste quand ces conditions se présentent. La légende aidant, la psychose s’empare de beaucoup de pêcheurs qui recherchent un lieu privilégié où se trouve une eau basse et limpide, un lieu qui n’existe peut être pas !...ou alors très loin. Bonjour les kilomètres !
Certains quand même savent qu’il y a des truites à prendre, mais pas n’importe où.
.....Généralement,il conviendra d’aller vers l’amont, de rechercher une eau moins sale qu’en aval. Si le cours d’eau dans sa partie supérieure coule dans de la roche, vous avez gagné.
.....Devant cette soudaine crue les truites ont été obligées de se mettre à l’abri dans les bordures. Elles vont privilégier des postes où le courant impétueux est freiné par de gros galets, des rochers ou des obstacles divers. Elles sont par conséquent groupées, moins éparpillées qu’en période d’étiage.
.....Évidemment l’eau a changé, elle est nouvelle. Il y a lieu d’insister sur l’eau peu profonde des bordures et sur les coups marqués. Il faut caresser les obstacles. Vous risquez malgré cette eau de neige d’avoir des touches plus franches que la veille où l’eau de neige ne coulait pas ou peu. Il n’est pas rare d’assister à des frénésies, parfois courtes certes mais qui sont les bienvenues. Bien sûr, vous pratiquerez une pêche moins fine, vous pêcherez probablement moins bien que dans une eau claire. Mais vous pêcherez, plutôt que de rester à la maison à tourner en rond. Ne dédaignez pas cette pêche. Elle vous apportera de grandes satisfactions, ne serait-ce que celles d’avoir obtenu des résultats là où d’autres n’ont même pas osé essayer.

.....Un bon pêcheur est un homme qui s’adapte à n’importe quelle condition et dans n’importe quelle rivière.
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- L’eau de neige qui arrive progressivement en cours de journée :
u printemps, certaines nuits sont très froides. Par contre, le soleil arrive parfois à réchauffer l’atmosphère en milieu de journée. C’est alors que la neige fond, teinte légèrement les cours d’eau. Parfois même on ne se rend compte de l’eau très légèrement voilée que dans les endroits profonds. On assiste, il est vrai, à une paralysie quasi-totale du milieu aquatique. Cette eau de neige est franchement mauvaise car les truites ont profité des heures précédant son arrivée pour se nourrir.
.....Cette eau s’installe progressivement dans le cours d’eau alors que les truites ont profité de l’eau précédente qui provenait en grande partie des sources. Elle va perturber les résultats. Il faudra un coup de ligne de maître et faire arriver votre appât rigoureusement devant la gueule de la mouchetée.
.....Allez la provoquer chez elle aux abords de son habitat, présentez-lui l’appât jusqu’à 3 fois et maintenez le plusieurs secondes. Prospectez également les plages molles et lisses ou légèrement moutonnées. Variez les profondeurs en pêchant lourd et en coupant le courant. Laissez votre appât se caler au fond une paire de secondes puis tirez pour le laisser repartir. Insistez. Ainsi vous en déciderez certaines. Mais surtout calculez bien pour pêcher avant que l’eau de neige n’arrive...


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Les avantages de l’eau de neige.
.....Si j’étais cynique je dirais « bravo l’eau de neige, je suis quasiment tout seul au bord de l’eau »
Force est de constater quelle dissuade bon nombre de rôdeurs de berges et que l’on est tranquille pour savourer le plaisir d’être dans la nature loin des emm…de la société moderne, près d’une eau vive et bercé par la chanson du clapotis…
.....Trop tranquille si vous voulez mon avis !
La concentration des truites.
Un deuxième avantage très important réside dans le fait que lorsque la neige fond à outrance elle provoque des crues plus ou moins importantes. De ce fait les truites sont rassemblées dans les bordures, derrière les obstacles qui arrêtent ou freinent l’impétuosité des flots.
.....Cette montée des eaux transforme les secteurs dits « bâtards » c'est-à-dire où les truites sont éparpillées et peuvent se trouver un peu partout, en secteurs porteurs puisqu’elles sont plus concentrées sur des zones plus restreintes.
.....Ce sont ces parties de rivière qu’il faut rechercher en la circonstance.
Une approche facilitée.
.....Tous les pêcheurs de truites sauvages savent que pour réussir à leurrer la truite, l’approche est capitale. Dans les petits et moyens cours d’eau, par fines eaux limpides la moindre fausse note est éliminatoire. Le succès est subordonné à la maîtrise de plusieurs paramètres.
Un bas de ligne lesté correctement, avec le bon appât et un eschage parfait, guidé de main de maître passera sans touche si l’approche laisse à désirer… Mais ici n’est pas le sujet…

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Un bas de ligne lesté correctement, avec le bon appât et un eschage parfait, guidé de main de maître passera sans touche si l’approche laisse à désirer…
Mais ici n’est pas le sujet…
Revenons à notre si terrible eau de neige.
Parfois,lorsqu’elle teinte ou bien trouble les cours d’eau elle devient une alliée de poids puisqu’elle facilite l’approche.
.....De plus, l’eau teintée fait bouger les truites qui auront beaucoup plus de difficultés pour apercevoir le pêcheur et sa canne à pêche.
Les périodes les plus favorables.
.....Comme je viens de le dire, lorsque la fonte des neiges provoque une crue pour si petite soit-elle, à condition de teinter l’eau, il faut pêcher et y croire.
Toutefois,si cette eau est très trouble, les meilleurs moments se situeront pendant l’éclaircissement même léger. En aval des barrages, il est fréquent d’assister tout au long d’une journée à des eaux qui s’éclaircissent, qui se troublent davantage ainsi qu’à des différences de niveaux.


..Généralement les touches interviennent quand l’eau devient un peu moins trouble, lorsqu’elle commence à monter ou à descendre.
.....Mettez également à profit les moments où l’eau de neige fondra moins, soit parce qu’on arrive à la fin, soit parce qu’une période de froid a ralenti la fonte.Dans ces deux cas, le niveau de l’eau baisse plus ou moins sensiblement et la teinte se modifie et reprend une couleur qui tire sur le vert. Avant que les rivières ou torrents redeviennent limpides, il y a des périodes d’intense activité chez les truites. En effet, dans ces deux cas, l’eau deviendra plus oxygénée, moins froide, moins azotée. Le temps de digestion des truites sera moins lent. Les flots charrieront moins de particules. De plus, c’est l’occasion de surprendre les belles farios qui ne pouvaient pas être dérangées par les pêcheurs car hors d’atteinte des lignes à cause du volume d’eau.
.....Évidemment,ces bonnes périodes sont différentes d’un cours d’eau à un autre selon l’altitude des sources et l’importance de l’enneigement.
.....Soyez en activité en milieu de journée surtout lorsque le soleil est de la partie avec une température douce et des eaux qui s’éclaircissent sans toutefois devenir limpides.

Les meilleurs postes par eau de neige.
.....En cas de forte montée des eaux, je l’ai déjà dit, les bordures représentent évidemment les postes de prédilection puisque les truites ont quitté le milieu du cours d’eau. Prospecter tous les amortis des courants, les coups marqués, les petites plages même peu profondes.
.....Si l’eau de neige ne provoque pas de crues, pêchez toutes les plages molles, tous les coups marqués, et bien sûr, les bordures. Recherchez les postes abrités du vent, surtout s’il est froid, bien ensoleillés et peu profonds. C’est là où l’eau se réchauffera en premier, permettez-moi de le rappeler et les truites le savent…


.. La plombée.
Elle sera plutôt relativement lourde et courte pour la prospection des eaux vives. Entre 4 et 6 plombs de n°6, le premier à 6 cm de l’hameçon, les autres entre 12 et 15 cm. Lorsque les eaux pêchées sont très calmes, 2 à 3 plombs de n°6 suffisent, disposés plus loin de l’hameçon.
.....Par eau de neige, les truites sont très souvent collées au fond. L’appât doit donc dériver, de préférence près du fond.


Le meilleur appât.
Le roi des appâts sera le ver. Si vous ne les avez pas en abondance, je ne pense pas qu’il soit utile de les sélectionner. Faites provisions de vers entre 3 et
6 cm. J’utilise un hameçonbronzé du n° 10, droit et à tige longue. L’eschage s’en trouve grandement facilité, surtout si on débute ou si la vue commence à baisser. Je pense que ce confort n’est pas négligeable. J’utilise un bas de ligne en 0,12 ou même 0
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Une petite réflexion.
.....J’avoue aimer l’eau de neige, celle qui teinte le cours d’eau et qui fait monter le niveau. Bien que ce ne soit pas ma pêche de prédilection, je la préfère et de loin, à celle des eaux excessivement claires, exemptes d’eau de neige. Je déteste en début de saison l’arrivée d’une période de grand froid avec des températures franchement négatives la nuit, sans vent ou avec un vent du nord même très faible et un soleil qui n’arrive pas à réchauffer. Et pourtant ce refroidissement stoppe ou diminue la fonte !
.....Bien sûr, il existe des journées très difficiles par eaux de neige… comme il existe des journées sans truite, ou presque, en période estivale, alors qu’il n’y a plus d’eau de neige… Le grand charme de la pêche !

.....Je me plais à répéter ce que les scientifiques prouvent. La croissance des truites se fait essentiellement au printemps, donc quand la neige fond, grosso modo, de fin mars à fin juin ! Et pour cela il faut bien que nos chères farios mangent…
.....N’attendez donc pas l’été pour aller à la pêche !